30 janvier 2012
La Faucheuse à 600 chevaux
Réalisation : George Miller
Pays : Australie
Année : 1979
Durée : 90 minutes
Imdb : tt0079501
Sur les autoroutes désertées d'une Australie méconnaissable, une guerre sans merci oppose motards hors-la-loi et policiers Interceptor, qui tentent de triompher de la vermine au volant de voitures aux moteurs surgonflés. Dans ce monde en pleine décadence, les bons, les méchants, le manichéisme disparaissent, pris au piège de l'instinct qui l'emporte inexorablement sur la raison et l'intellect. C'est ce même instinct qui va pousser un ex-flic, Max Rockatansky (Mel Gibson), dont la famille a été massacrée, à assouvir son désir de vengeance au volant d'une voiture, dans un monde où flics et bikers ont fini par se rejoindre dans une même folie dévastatrice, véritable frénésie de vitesse, de violence et de meurtre. (Affiche visualisable en cliquant sur le logo).
De prime abord, il faut reconnaître que le scénario du film de George Miller n'avait pas de quoi révolutionner l'industrie du cinéma. Un futur inquiétant avec une civilisation dédiée aux bagnoles et aux crimes en tous genres, un certain Paul Bartel par exemple nous avait déjà fait une livraison de ce style avec l'excellent Death Race 2000. Sauf que là, le réalisateur australien George Miller âgé de 33 ans à l'époque nous livrait un film dénué d'humour et encore moins satirique comme le métrage précédemment cité produit par Roger Corman. Non non, ici pas de place pour la rigolade et on peut dire avec un terme plus qu'approprié : ça démarre sur les chapeaux de roues !
Impossible pour qui que ce soit d'oublier le début de Mad Max qui va immédiatement scotcher son auditoire. C'est bien simple, après avoir vu ça on se dit : "Mais qui est ce type derrière la caméra ? Depuis quand les kangourous savent filmer et comme ça en plus ?". Ben oui, en Australie il n'y a pas qu'AC/DC quoi. Ça déchire tout ce que l'on a pu voir auparavant et c'est pas américain, d'où peut-être ce côté frais que l'on a pu ressentir à l'époque après la vision du film. Enfin bon, on ne vas pas trop encenser l'ami Miller non plus parce que depuis on a fait beaucoup mieux que les australiens et c'est français en plus ! Oui madame, même que ça date de 1987 et que ça s'appelle Terminus avec notre rockstar Johnny Hallyday ! OK je sors...

Ne faites pas la même chose à la maison
Désolé pas pu m'empêcher, promis je ne le referai plus. Bref le film commence avec une course-poursuite qui aura le mérite, en plus de nous en foutre plein la gueule, de nous présenter le cadre ainsi que le personnage principal un certain Max Rockatansky interprété par un Mel Gibson tout jeunot et encore inconnu. Max est donc un flic, un "bronze" (allusion à la plaque des policiers) comme les appellent les loubards. Cette course-poursuite qui au début met en lice deux voitures de police à la chasse d'un personnage qui se fait appeler Nightrider (le Cavalier de la Nuit traduit par l'Aigle de la Route en vf) va malheureusement mal se dérouler pour les forces de l'ordre et c'est là que va intervenir Max.
On va aussi faire la connaissance de son meilleur ami, Jim Goose (Steve Bisley), aussi flic et motard qui fera chou blanc dans la poursuite du Nightrider (Vincent Gil) et de sa passagère (Lulu Pinkus). Cascades complètement dingues, personnages complètement barrés aussi bien les flics que les délinquants, montage d'une qualité rare à couper le souffle... on se prend dans la face un cinémascope parfaitement maîtrisé mettant en valeur comme pas deux le décor principal : de vastes paysages désertiques. Des paysages dignes d'un genre de films qu'on ne fait plus : les westerns. Et bien que l'on n'en fasse plus, Mad Max en est pourtant un, mais un western motorisé. Et ce n'est pas difficile de le prouver.
Comme dans les westerns, nous allons assister à des duels, comme celui de Max face au Nightrider ou plus tard une nouvelle fois Max face à des motards. Puis il y a aussi l'arrivée de ces mêmes motards, qui viennent chercher leur ami décédé (le Nightrider) et qui veulent aussi le venger. Impossible de ne pas faire le rapprochement de ces cow-boys arrivant en ville, les chevaux étant juste remplacés par des motos. Puis de toute façon, George Miller ne s'en est jamais caché non plus (manquerait plus que ça tiens !). Comme John Carpenter chez les ricains il apporte sa vision déguisée du western. On aura même droit à l'attaque de la diligence, celle-ci étant remplacée par un camion-citerne pris d'assaut pour son essence.

Je veux la même pour mon anniversaire !
Western motorisé c'est certain, mais western aseptisé certainement pas ! Les affres de la censure ne le rateront pas. Il faudra d'ailleurs attendre 1982 pour sa sortie en France. Pas que le film soit blindé d'images insoutenables d'ailleurs... loin de là même. Juste que c'est tellement bien filmé et bien amené que ce qui se passe hors champ est tout aussi puissant que si c'était montré ! Le viol de la fille (et même du garçon !) ne sont pas montrés mais le spectateur assiste à l'avant et à l'après et son cerveau n'a aucun mal à combler le vide, ce qui précède et ce qui suit montrant clairement qu'ils ont passé un sale quart d'heure ! Puis il y a aussi les deux évènements qui vont chambouler Max dont le second qui va le faire basculer complètement dans la vengeance aveugle.
Goose (surnom Mère l'Oie, le Gorille en vf) son ami brûlé vif, encore vivant et dont l'état n'est pas montré mais le regard de Max suffit à transmettre l'horreur de son état. Ou encore le pic de l'intensité maximale atteinte, la scène de la disparition de Jessie (Joanne Samuel) et Sprog (Paul en vf interprété par Brendan Heath), femme et fils de Max fauchés tous les deux par les motards. La qualité du montage arrive à nous prendre littéralement à la gorge alors que nous ne voyons au final qu'une chaussure et une balle tomber sur le bitume. Ou quand la suggestion est plus forte que tout... Alors attention, je ne dis pas non plus qu'il n'y a aucune image violente dans le film ! Juste que comme pour The Texas Chainsaw Massacre, les scènes suggérées ont bien plus d'impact !
Chose assez étonnante, Mad Max est sorti aux États-Unis avec un nouveau doublage. En effet, la véritable version originale est australienne et l'accent australien ne semble avoir plu que très modérément. Tous les personnages ont été doublés à nouveau pour le marché US, même Mel Gibson ! Ah non, sauf Robina Chaffey, la fille qui chante au Sugartown Night Club. La version originale autralienne n'est arrivée aux Etats-Unis qu'avec la parution du dvd de l'édition spéciale du film parue en 2002 (celle que je possède avec aussi le dvd zone 2). Si vous aussi vous avez Mad Max en dvd (ou le plus récent blu-ray si votre platine est dézonée), privilégiez le doublage australien bien meilleur !

Celle-là, faut que j'aille la piquer dans un musée en Angleterre
Pour l'anecdote concernant le film (parce que j'aime bien toujours en glisser une quand j'en ai à disposition), j'ai trouvé sympathique celle au sujet du fétichisme du cuir qui transparaît dans Mad Max, question posée à George Miller himself. Voici sa réponse : "La matière nous a paru idéale, parce qu'il fallait que les vêtements soient résistants et solides. Et une collaboratrice, qui habitait près d'un magasin d'habillement pour "gays" sado-maso à Sidney, y achetait tout ce qu'elle trouvait de nouveau. elle nous apportait ensuite vêtements et accessoires dans le bureau de la production, et on cherchait comment les utiliser. C'est toujours comme ça que ça se passe...".
Tiens, je me rends compte que je n'ai pas glissé un petit mot sur les stars du films : les voitures ! C'est vrai quoi, même les gars pas "tuning" pour deux sous (moi par exemple) ont rêvés après la projo de rouler à bord de ces bolides, Pursuit et Interceptor. Pas mal ont fait l'erreur, ce ne sont pas des Ford Capri mais des véhicules Ford spécifiques au marché australien. Ce sont en fait des Ford Falcon XB (Interceptor) et XA (Pursuit). La plus mémorable, celle que Max va prendre après avoir définitivement basculé dans la vengeance aveugle est une version limitée GT351 de la Ford Falcon XB Hardtop 1973. Oui je sais, je veux les mêmes à la maison !
J'ai revu Mad Max hier et j'avoue que le film est toujours aussi bon. Avec ses personnages complètement déjantés, mention spéciale au chef des motards Toecutter (littéralement le coupeur de doigt de pied qui devient... le Chirurgien en vf) interprété par Hugh Keays-Byrne, ses policiers tout aussi cinglés sur la route où tout se règle et nulle part ailleurs... Oui, cette vision du futur pas si lointaine justement est aussi la grande force du métrage car on peut se dire qu'une telle situation, un tel chaos est presque envisageable contrairement à d'autres films plus futuristes. Le cadre et tout ce qui s'y rapporte donne plus d'adhésion au spectateur que des vaisseaux spatiaux par exemple. Oui, Mad Max c'est peut-être possible demain, pas besoin d'attendre 100 ans ou plus comme d'autres productions. D'ailleurs, quand je vois le prix de l'essence depuis que je suis chauffeur (donc depuis 20ans), je ne cesse de penser à ce film, et aujourd'hui plus encore... A quand la nécessité de tabasser son voisin ou siphonner son réservoir en douce pour juste avoir la possibilité de se rendre à son travail ? Allez, restons calme et quittons-nous avec la bande annonce originale australienne !
Plus d'images du film, c'est ici.

Commentaires
il fut
Un temps ou les films d'actions en jetaient plein la vue avec peu de moyen, non pas que les effets spéciaux soient meilleurs ou que les explosions n'ai de cesse, mais on étaient dedans, on ne s’ennuyaient pas.
Et puis Mel Gibson en cuir avec un fusil à pompe en guise d'ustensile ça ne peut que réjouir.Ah du grand cinéma tout comme sa suite d'ailleurs.
Je suis dégouté car l'autre jours j'ai demandé à mes collègues de m'appeler l'aigle de la route et personne n'a compris la référence
C'est incroyable le nombre de gens qui n'ont pas vu de mad max. C'est triste quand même. Ils devraient les ressortir au cinéma au lieu de "star wars".Un sacré film, dont les moteurs vrombissants n'ont rien perdu de leur superbe. Une vraie bonne claque, un film de vengeance brutal, et même si je préfère le second, ce premier opus reste une référence incontournable, lançant une star aujourd'hui tombée en disgrâce et plantant un univers en tout point stimulant. Georges Miller n'a pas toujours été aussi inspiré...
à Alice in Oliver
Comment aurai-je pu rater ça avec une telle affiche tape à l'oeil à l'époque des débuts de la VHS et avec George Eastman ?
http://www.ecranlarge.com/upload/movies/images/movie12169/large_465055.jpgà Duncan
Privilégie le dvd, une platine blu-ray de qualité dézonée c'est plutôt difficile à trouver à prix abordable. Souvent, c'est la lecture du dvd qui est proposée dézonée et non celle des blu-ray.
Dvd zone 1 special edition sur t'as une platine dvd dézonée ou le dvd zone 2 dans le cas contraire, l'image est excellente (juste le 5.1 australien du zone 1 qui devient mono).Je crois que tu m'as confondu avec quelqu'un d'autre Leatherface (a moins que ce soit moi qui me croit une fois de plus au centre du monde!)
Dans tous les cas, je verrai bien ce que je ferai, mais ça me ferait quand même franchement chier d'avoir le 2 en Blu-Ray et le 1 en Dvd! Mais bon, si, comme tu le soulignes, il s'agit du meilleur moyen de voir le film, alors sans doute vais-je me jeter, pas maintenant hein, mais plus tard, sur le Zone 1, l'absence du 5,1 ne me dérangeant pas plus que ça, n'ayant qu'une stéréo modeste et non pas une installation sonore qui poutre méchamment!à Ze Ring
Si l'absence du 5.1 ne te dérange pas, alors pourquoi parler du zone 1 ? Le zone 2 fera l'affaire pour en plus une disponibilité et un prix fort raisonnable
http://www.amazon.fr/Mad-Max-Mel-Gibson/dp/B0030CNR8C/ref=sr_1_9?ie=UTF8&qid=1328219997&sr=8-9
Film qui est resté le plus représentatif de l'univers post-apocalyptique au cinéma : le premier Mad Max a été un film à petit budget (film indépendant australien) mais cependant l'univers présenté est brut et sans concessions












