The Dead... Still Alive !!!

Billets sur le cinéma d'horreur, épouvante et fantastique

05 mai 2013

On n'échappe pas à la bible

Texas Chainsaw 3D affiche

Réalisation : John Luessenhop
Pays : États-Unis
Année : 2013
Durée : 92 minutes
Imdb : tt1572315

Il y a 20 ans, la ville de Newt, au Texas, réclame vengeance sur la famille Sawyer pour avoir assisté et aidé aux crimes commis par celui qu’on nomme Leatherface (Dan Yeager). La famille entière est présumée morte quand Burt Hartman (Paul Rae) a incité les villageois à incendier leur ferme, mais une des enfants est sauvée du feu et élevée par un jeune couple qui la nomme Heather (Alexandra Daddario). Dans sa vingtaine, la jeune fille apprend qu’elle est adoptée et qu’un héritage laissé par sa grand-mère l’attend au Texas (Affiche visualisable en cliquant sur le logo).

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Bon ben ça y est, j'ai enfin eu la chance de voir le film en vostf. J'avoue que grand fan devant l'éternel des 2 volets réalisés par Tobe Hooper (chroniqués aussi sur le blog), j'étais plus que perplexe avant le visionnage. Pourquoi ? En tout premier lieu le dernier film de la franchise que j'ai trouvé très faible - Massacre à la tronçonneuse : Le Commencement - bien que ce n'était pas non plus du niveau catastrophique de Massacre à la tronçonneuse : La Nouvelle Génération. C'est vrai que celui-là... enfin bon, là n'est pas la question et pour re-relancer le bousin (ben oui, il y avait déjà le film de Nispel avec Jessica Biel pour ça), on attaque sous l'angle de la grosse mode de ces dernières années : la 3D. Ne l'ayant pas vu avec les lunettes, je me concentrerai donc plus sur les qualité intrinsèque du film que sur l'esbrouffe 3D.

Heather intriguée par cet héritage tombé du cielJe parlais de perplexité avant vision, c'est aussi pour deux autres petites choses. La première c'est surtout suite à la bande annonce. Ben oui, après l'avoir vue je me suis demandé si j'étais devant un nouveau Massacre à la Tronçonneuse ou un Vendredi 13 avec cette belle image et ces jeunes qui pénètrent dans la maison. Sérieux, cette séquence m'a vraiment fait penser au remake de Marcus Nispel qui était censé relancer Jason Voorhees et qui à ce jour est resté sans suite. Cela ne me faisait pas du tout positiver sur le produit final et les critiques assassines (la deuxième chose) après la sortie en salles aux U.S.A. n'aident pas non plus à ne serait-ce que remettre la balance au centre. Mais fan jusqu'aux tripes, impossible de passer outre comme un gros dédaigneux, il me fallait voir le film et juger par moi-même. Si désastreux au final ce film qui a réalisé un joli carton le premier week-end de sa sortie aux States ?

Une jolie brochette de trous du culDès le départ, une question se pose illico. Vrai/fausse bonne idée le scénario ? Parce que l'on pourra dire tout ce que l'on veut, impossible de ne pas ressentir quelques petits frissons sympathiques dès les premières images avec ce que l'on pourrait appeler un résumé ultra condensé du premier volet. Quel joie de revoir ces images ! Mais justement, si elles sont présentes c'est que derrière les scénaristes ont décidé de mettre à la poubelle tous les films de la franchise à l'exception du premier volet, Texas Chainsaw 3D ayant fait le choix ambitieux/dangereux d'être la suite directe du métrage de 1974. 39 ans après, fallait oser tout de même... Je peux comprendre ce choix mais à la limite pourquoi ne pas avoir tout de même pris en considération le second volet aussi réalisé par Tobe Hooper ? C'est comme ça mais espérons que ce soit pour du valable au final...

Drayton incarné par Bill MoseleyNiveau incohérences faudra être indulgent car reprenant immédiatement à la fin du film de 1974, ce Texas Chainsaw 3D décide d'inclure de nouveaux personnages aux côtés de Drayton et Leatherface. A ce propos, j'ai été immédiatement déçu de ne pas voir l'inoubliable Jim Siedow qui incarnait Drayton dans l'original dans le résumé ouvrant le film avec ces anciennes images. Celui-ci a été remplacé par Bill Moseley pour des besoins évident... Jim Siedow n'étant malheureusement plus parmi nous, fallait palier à ce fait irréversible. On relativisera en se disant qu'ils n'ont pas pris n'importe qui pour le remplacement, souvenez-vous tout de même que Bill Moseley c'était quand même le cultissime Chop-Top du second volet ! Comme quoi, Massacre à la Tronçonneuse ça reste toujours en famille mine de rien.

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Don't try this at home

Mais bordel, que cela aurait été le pied si ce genre de projet avait été entrepris bien plus tôt et permettant par la même occasion de revoir Jim Siedow rendosser ce rôle inoubliable ! Je n'aurai pas été contre quelques nouvelles phrases cultes dans sa bouche ! RIP Jim, bonjour à toi et fin de la parenthèse inévitable. J'en étais où déjà ? Ah oui, ces nouveaux personnages qui débarquent de je ne sais où dans la maison des Sawyer pour faire face à l'arrivée de la police. On reconnaîtra au passage Gunnar Hansen (le Leatherface original !) fusil à la main aux côtés de Drayton et d'autres personnes de la famille qui... qui ne feront pas long feu. C'est juste pour des besoins scénaristiques et surtout l'introduction d'un bébé qui survivra à l'éradication de la famille. Enfin éradication... restera aussi notre tronche de cuir favorite mais ça, c'était évident non ?

Verna (Marilyn Burns !)Vous verrez par vous même comment ça se passe et par la suite nous allons retrouver ce bébé qui aura bien grandi au sein d'une famille d'accueil composée de Gavin (David Born) et Arlene Miller (Sue Rock), eux aussi complices de ce qui s'est passé à la ferme des Sawyer. On dira au passage que Gavin Miller a une méthode plutôt extrême pour adopter un bébé... Nommée Heather et interprétée par Alexandra Daddario, cette adolescente va recevoir un héritage de sa véritable grand-mère Verna (que l'on verra incarnée par Marilyn Burns, inoubliable Sally de l'original !). Cet héritage c'est cette luxueuse maison que l'on voit dans la bande annonce, et c'est aussi ce même héritage qui va faire tomber les masques et apprendre à Heather qu'elle a été adoptée (c'est la façon administrative de dire les choses car dans les faits...). Bien évidemment, celle-ci n'écoutera pas ses parents adoptifs et décidera de se rendre à Newt pour en apprendre plus sur elle-même.

Leatherface (Dan Yeager)Donc la voilà sur la route avec son petit copain Ryan (Trey Songz) et deux amis : Kenny (Keram Malicki-Sánchez) et Nikki (Tania Raymonde) la chaudasse de la bande. Sur la route nous aurons droit à... un auto-stoppeur (étonnant non ?). Le voyage en van, l'auto-stoppeur Darryl (Shaun Sipos), le tatou crevé au bord de la route... Y a pas à dire, s'il existait un cahier des charges avec des figures imposées à respecter, on peut dire que c'est chose faite ! Mais franchement ça passe tranquilou ces clins d'oeil et je sais que certains n'en peuvent plus du remake ad vitam aeternam de la scène du repas de famille ben... ils seront content car pour sa part elle ne fera pas partie de ces nombreux clins d'oeil ! Donc pas la peine de manifester le ras-le-bol fourche à la main, c'est peine perdue.

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Ne jamais sous-estimer un Sawyer

Je vais arrêter là et vous laisser découvrir la suite par vous-même car je ne veux pas spoiler. Je dirai juste que très vite, l'intérêt pour ma part était de voir comment allait se passer ces "drôles" de retrouvailles entre cousin/cousine - Leatherface/Edith Rose Sawyer (le véritable nom de Heather) séparés par la force au début du film. En gros, la mayonnaise allait-elle prendre entre-eux et de quelle manière ? De là résidait aussi mon appréciation finale du film de John Luessenhop. Alors je peux maintenant le dire : j'ai apprécié le film malgré d'évidentes incohérences. J'ai aimé la progression, tous les petits clins d'oeil ça et là (par exemple aussi le nom du Sheriff : Hooper), les apparitions d'acteurs des 2 premiers volets et tout le reste. Le côté règlement de compte avec le Maire et toute sa clique, ça m'a fait penser (très légèrement hein !) à L'Homme des Haute Plaines. Et je ne dis pas ça parce que le fils de Clint Eastwood est dans le film jouant le rôle de Carl, l'un des hommes aux ordres du Sheriff Hooper (Thom Barry), c'est juste que j'ai l'esprit large, très large mine de rien.

Nikki (Tania Raymonde) chaude comme de la braiseMaintenant, il est évident que j'ai besoin de laisser "vieillir" le film pour avoir bien plus de recul mais je sais que malgré toutes les réserves que j'ai pu avoir avant sa vision, celui-ci s'en est tout de même bien tiré. J'aime bien l'actrice principale Alexandra Daddario. Bon OK, elle devrait peut-être penser à manger cette fille, parce que franchement l'anorexie n'est pas loin... mais sur sa prestation je ne pense pas avoir quelque chose à redire. Et puis merde quoi, c'est une Sawyer bordel ! Donc je vais une fois de plus à contre courant de tout ce qui est dit sur le net, moi j'ai personnellement apprécié le film pour ce qu'il est. Puis j'avoue ne pas savoir expliquer certains aspects par des mots, je dirai qu'il possède un certain charme et je pense que ce charme là se bonifiera avec le temps.

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Leatherface in... The Funhouse* !

Et pour ce qui est du gore, le minimum syndical est plus que respecté ! Puis de toute façon, si on se réfère à l'original, le gore n'est pas ce qu'il y a de plus marquant ! Ici vous en aurez tout de même pour vos pesetas niveau craspec mais j'ai trouvé bien d'autres choses sympathiques dans ce film que je vous invite à visionner lorsqu'il sortira... un jour... Bon allez c'est pas tout ça, faut que je vous laisse, je dois me préparer car j'ai Evil Dead à aller mater au ciné.

*Les fans de Hooper comprendront l'allusion. Du moins j'espère pour eux !


27 janvier 2013

Who will survive and what will be left of them ?

The Texas Chainsaw Massacre logo

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Pour aller directement sur l'article c'est ici.

22 janvier 2013

Evil wears many faces

Texas Chainsaw 3D affiche UK

Toujours aucune date de sortie pour la France ! A l'affiche depuis le 4 janvier aux States, il serait temps de nous pondre une date ! Pour l'instant pour ce qui est de la France, ou plutôt du français, seule une bande-annonce VF canadienne existe. Avec un beau succès au box-office US, une suite est déjà envisagée ! Alors bon, faudrait déjà nous balancer celui-là ! J'attends avec impatience ce nouveau film consacré à ma famille préférée du Texas (le septième mine de rien !). Un Massacre à la Tronçonneuse où l'on retrouvera tout de même Marilyn Burns (inoubliable Sally Hardesty, l'héroïne du premier volet) et Bill Moseley (qui avait le rôle de Chop Top dans le second). Puis aussi... Gunnar Hansen ! Bref du bien joli monde qui je l'espère redonnera un nouveau souffle après le très moyen (et dernier en date) The Texas Chainsaw Massacre : The Beginning (Affiche anglaise visualisable en cliquant sur le logo)

09 avril 2012

Regarde ce que ton frère a fait à la porte !

The Texas Chainsaw Massacre affiche

Réalisation : Tobe Hooper
Pays : États-Unis
Année : 1974
Durée : 84 minutes
Imdb : tt0072271

"Le film que vous allez voir relate la tragédie que vécut un groupe de cinq jeunes gens, en particulier Sally Hardesty et son frère invalide Franklin. Cette histoire est d'autant plus tragique qu'ils étaient jeunes. Mais, eussent-ils vécu très très longtemps, qu'ils n'auraient pu s'attendre ni même souhaiter voir une telle débauche de folie et de macabre à laquelle ils assistèrent ce jour-là. Pour eux, une balade par un après-midi d'été idyllique devint un cauchemar. Les événements de cette journée devaient mener à la découverte de l'un des crimes les plus bizarres des annales de l'histoire américaine, The Texas Chainsaw Massacre." (Affiche visualisable en cliquant sur le logo).

The Texas Chainsaw Massacre Cemetery

Bon là ça ne rigole plus, on touche au sublime donc histoire de ne pas faire comme d'habitude, exit le synopsis habituel et on entame avec le texte en ouverture du film dicté en version originale par John Larroquette à qui Tobe Hopper a demandé de prendre un ton à la Orson Welles. Ce texte simple, clair donc compréhensible instantanément par tous, contribue dès le départ a instaurer ce qui sera la plus grande force du métrage de son commencement à sa fin : un aspect documentaire qui en aura retourné plus d'un dont votre serviteur mais... dans le bon sens contrairement à d'autres...

Pam (Teri McMinn) peut-elle se fier à son horoscope ?Alors comment en est-on arrivé là ? Qu'est-ce qui a amené Tobe Hooper à réaliser l'un des plus grand films du cinéma et ce avec un budget si étriqué ? Le véritable commencement c'est lorsqu'un ami de Hooper lui conseilla d'aller voir un film qui passait au cinéma, un film en noir et blanc, un certain... Night of the Living Dead. Bien lui en a pris de suivre le conseil de cet ami car c'est en voyant la réaction des spectateurs face au métrage de George Romero (lui aussi devenu culte avec le temps) qu'il a su que c'était ça qu'il fallait faire et c'est de là qu'est parti l'idée de faire un film comme The Texas Chainsaw Massacre.

Même à cinq, prendre un auto-stoppeur ça craint un max !Après pour ce qui est du film en lui-même, l'inspiration vient d'un célèbre tueur en série : Edward Theodore Gein plus connu sous Ed Gein lorsque l'on parle de lui. Je ne compte pas faire un exposé sur le personnage, d'autres sites le font admirablement bien comme ici par exemple. Un brin de culture ne faisant jamais de mal, n'hésitez pas à y aller pour savoir de quoi on parle. Tobe Hooper avait de la famille habitant dans le Wisconcin, famille habitant juste à une trentaine de kilomètres de la maison de celui que l'on appela par la suite (entre autre) le boucher de Plainfield. Inutile de dire que gamin et entendant les histoires horribles qu'on s'amusait à lui raconter afin de lui faire peur, son enfance a été marquée et ces horreurs se sont tout naturellement intégrées au scénario de son film.

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Pam (Teri McMinn) et Sally (Marilyn Burns) se remettent de l'auto-stoppeur

Donc oui, niveau inspiration le mobilier si particulier que l'on peut voir dans le film est lié à ce que les enquêteurs ont découvert chez Ed Gein en 1957. Par contre pour ce qui est du côté visuel de Leatherface interprété par Gunnar Hansen, c'est tiré d'une autre histoire tout aussi glauque que la précédente. Une fois de plus il faut retourner à l'enfance de Hooper où son médecin de famille lui avait raconté une chose que celui-ci avait fait alors qu'il était encore étudiant. Il travaillait sur un cadavre dont il a écorché le visage pour... se faire un masque pour Halloween ! Encore une histoire marquante que notre réalisateur texan n'a jamais oubliée et qu'il a intelligemment utilisée pour son film.

Pam (Teri McMinn) se demande ce que fout Kirk (William Vail)Après, ce qui est marquant dans le métrage c'est bien évidemment l'objet dont il est question dans le titre (titre choisit après la fin du tournage) et dont le personnage de Leatherface en deviendra indissociable. Là aussi c'est dû à une anecdote. Lors d'un Noël, Tobe Hooper faisait la queue dans un grand magasin où il y avait un monde fou et où la chaleur était étouffante. Et c'est alors qu'il se demandait comment sortir de cet environnement insupportable que son regard se posa sur une série de tronçonneuses exposées. L'idée d'allumer l'un de cet engin pour faire place net rien que par son aspect dissuasif lui donna l'idée de l'utiliser dans son futur film.

Plan culte démarrant de la balancelle et suivant Pam jusqu'à la maisonS'il existe encore des personnes (mais est-ce possible ?) persuadées que l'histoire dont il est question ici est réellement tirée d'une histoire vraie, elles en seront pour leurs frais. Tobe Hooper : "C'était l'époque du Watergate. Une époque où je commençais à me dire que peut-être ces gens à la télé ne disaient pas la vérité. Je crois que je devenais désillusionné. Et les jeunes de mon entourage étaient soit désillusionnés soit déterminés à faire changer les choses. C'était une époque étrange. Le film est devenu une métaphore cinématographique de la conjoncture de l'époque. Voilà à mon avis le propos de Massacre à la tronçonneuse".

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Une vision personnelle du confort

Ajoutons à cela que c'est en voyant devant un cinéma de longues files d'attentes provoquées par le simple fait de la mention "histoire vraie" sur l'affiche d'un film, et vous comprendrez l'intérêt de notre texan à jouer sur cette ambiguïté. Tout était en place pour réaliser le film que nous connaissons tous (et tant pis pour ceux qui ne le connaissent pas), film qu'il est réducteur de réduire à un simple film d'horreur. Oui je sais, il est classé dans cette catégorie sur le blog mais... il fallait bien en choisir une et ça n'empêche pas derrière de dire que la pellicule de Hooper explose les codes ainsi que les sacro-saintes valeurs familiales (surtout via la scène du repas) ce qui fit scandale.

Oui, ici c'est pas comme à la maisonMais la réalisation de ce chef d'oeuvre n'a pas été de tout repos. Et lorsque l'on connaît deux/trois petites choses à son sujet, on se rend compte que c'est justement tous ces éléments cumulés aussi pénibles soient-ils, qui rendent ce film intouchable pour l'éternité, une véritable révolution, une tornade dans tous les sens du terme et ce à tous les niveaux. Dès son générique si particulier utilisant les tâches solaires, le film sera tout du long lié à cet astre et la chaleur étouffante transparaît à chaque plan. Alors évidemment à la vue de toutes les horreurs que vont vivre nos cinq protagonistes, on se dit qu'au Texas le soleil tape beaucoup trop sur la tête de ses habitants.

Sally (Marilyn Burns) prouvant que l'enfer c'est bien sur terreEt quelque part, si on pousse un peu ce raisonnement d'une facilité affligeante au départ, on se rend compte que c'est ce même soleil (et sa chaleur suffocante) qui aura rendu le film aussi fou au final. Filmer les scènes se déroulant dans le van c'était déjà pénible mais ce n'était rien, vraiment rien à côté de la scène mythique du repas dont le tournage s'est effectué sur une durée de... 27 heures d'affilées ! Les principales raisons de ce que l'on peut véritablement appeler un tournage marathon sont dues à ces deux faits : le contrat d'un des acteurs syndiqué (Jim Siedow) se terminait ce jour là et il ne restait plus qu'un seul masque pour le grand-père (John Dugan).

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Une des nombreuses scènes cultes : celle du repas

Imaginez une température entre 40 et 42° à l'extérieur, des couvertures aux fenêtres pour masquer la lumière du jour afin d'être raccord, et l'éclairage des projecteurs s'alliant à la chaleur ambiante pour littéralement faire cuire le décor composé de bidoches et autres joyeusetés de ce genre ! Ils ont même essayés d'injecter du formol dans les saucisses pour qu'elles tiennent le coup, toujours histoire d'être raccord. Continuez à imaginer l'odeur de la pièce avec la bidoche qui macère et pourrie et ce pendant 27 heures ! Un gars de l'équipe a eu l'ingénieuse idée d'aller brûler tout ce qui ne serait plus utile derrière la maison pendant que ça tournait et le vent s'est levé amenant la fumée dans la maison. Bilan : entre chaque prise ça courrait pour aller vomir avant de revenir pour continuer le tournage. Pas difficile de comprendre que chacun était devenu irritable à la moindre remarque et que plus personne ne se supportait, une véritable folie qui se sera imprimée sur pellicule pour notre plus grand bonheur.

Ou quand l'être humain n'est plus que de la viandeMais cette folie palpable tout au long du film ne serait pas crédible sans ces acteurs tous aussi bons les uns que les autres. John Dugan qui interprète le grand-père connaissait Kim Henkel via sa soeur qui était... sa femme. Kim l'a appelé pour le rôle. Jim Siedow, jouant le plus vieux des trois frères, a été appelé par Tobe Hooper avec qui il avait tourné dans un film : The Windsplitter. Jim Siedow ne se souvenait plus de Tobe Hooper contrairement à lui ! Son rôle est très important, celui d'un demi-fou pour que ça puisse fonctionner sinon se serait le boxon total. Edwin Neal, l'auto-stoppeur, s'est pour sa part rendu à une audition dans un amphi par curiosité. Il a reconnu son neveu dans le rôle, paranoïaque et schizophrène et il l'a imité. Gunnar Hansen qui interprète Leatherface a appris qu'on cherchait quelqu'un pour le rôle d'un tueur dans un film et il a contacté Bob Burns (directeur du casting et aussi qui s'occupait des effets spéciaux) qui l'a mis en relation avec Tobe Hopper et Kim Henkel.

Leatherface (Gunnar Hansen) plus humain qu'il n'y paraitSacré Gunnar qui ne possédait qu'en tout et pour tout qu'un seul costume porté 12 à 16 heures par jour, 7 jours par semaine ! Tout le monde l'évitait durant tout le tournage à cause... de son odeur ! Impossible de se risquer à laver l'unique costume et que celui-ci perde ses couleurs ou pire... Mais comment ne pas terminer en mentionnant Marilyn Burns, jouant Sally Hardesty, et son engagement total et sans qui (via la qualité de sa prestation) tout le film tomberait à l'eau ? Il suffit juste de prendre la scène de la cabane où il a fallu huit prises et où entre chacune d'entre elles Tobe Hooper et Marilyn Burns demandaient à Jim Siedow de frapper plus fort pour être plus crédible ! Et Jim Siedow s'est finalement pris au jeu et Marilyn a vraiment dégustée sévère tournant presque de l'oeil lors de la dernière prise !

Enfin en sécurité ? Sally (Marilyn Burns) totalement impuissante Un regard bien plus explicite que des mots

Oui, The Texas Chainsaw Massacre est l'un des plus grands films du cinéma. Pour preuves ? Les réactions qu'il a suscité à la quinzaine des réalisateurs en 1975 à Cannes. Ce public constitué de la crème du politiquement correct a été... "secoué". Ou encore en 1976 lors du festival d'Avoriaz où le film ne pouvait que gagner le grand prix mais malheureusement 1976 a été l'année où présidait le pire jury qui puisse exister ! Même jury qui a décidé de ne pas décerner de grand prix à cause (selon eux) du manque de qualité des films en compétitions ! Du jury "élitiste" de 1976 on retiendra une certaine Leslie Caron qui est sorti en hurlant pendant la projection du film et qui apparaît le 25 janvier 1976 dans l'émission "Les rendez-vous du dimanche" présentée par un autre parasite con comme un manche qualifiant le film d'abominable et qui n'était autre que Michel Druker.

Franklin (Paul A. Partain) et sa soeur Sally (Marilyn Burns) attendent...Pendant cette émission TV hautement instructive sur le "mental" du jury de 1976 (et de son présentateur au passage), cette cruche de Leslie Caron qualifia Massacre à la Tronçonneuse -je cite ses différents termes- de : bestial, abominable, dégradant, décadent. Mais bon, le pire pour le film sera au final de se taper un X et du coup de ne pas pourvoir sortir dans les salles françaises ! Je ne vais pas faire un exposé sur la censure frappant le film ce serait trop long. Par contre à ce sujet je vous invite à lire "Une Expérience américaine du chaos" de Jean-Baptiste Thoret où la totale est expliquée sur ce point précis. Inutile de dire qu'à sa lecture, le terme pathétique n'est pas assez fort pour décrire l'opinion de nos "élites" qui composaient la commission de classification. Le visa ne sera obtenu que le 29 avril 1982 et le film sortira finalement dans les salles en France le 5 mai 1982.

La famille c'est sacrée...S'il fallait choisir une anecdote valorisant la qualité du métrage de Tobe Hooper, je pense que celle livrée par Jean-Baptiste Thoret (encore lui !) se pose là. Ridley Scott avait voulu qu'on lui montre des films de genre avant son Alien pour... éviter les pièges/clichés, l'ami Scott ne considérant pas le genre horrifique comme majeur. On peut même dire sans se tromper que pour lui à l'époque le genre était plutôt composé de navets à grosses ficelles. Dans la liste des films à voir, il y avait un certain Massacre à la Tronçonneuse. Et qu'elle ne fut pas sa surprise suite à ses préjugés de voir un film qu'il a considéré immédiatement comme un chef d'oeuvre ! Tellement marqué qu'il diffusa la bande son de Massacre à la Tronçonneuse sur le plateau d'Alien pour mettre les acteurs en état d'inquiétude permanente ! Alors ? Vaut-il mieux prendre en compte l'avis de Ridley Scott ou celui de Michel Drucker et Leslie Caron ?

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Autre scène culte : the girl on the meat hook

Basé sur un script co-écrit par Kim Henkel et Tobe Hooper rédigé en six semaines puis tourné à partir du 15 juillet 1973 pendant une durée d'aussi six semaines, Massacre à la Tronçonneuse est une tuerie absolue dans tous les sens du terme. Ici pas de boogeyman invinsible représentant un mal inhumain. Bien au contraire, ici l'aspect documentaire mais aussi et surtout humain prime. Lorsque l'on voit Leatherface paniquer et se prendre la tête après le coup de maillet porté à Jerry (Allen Danziger), cela donne l'image dérangeante pour le spectateur d'un type se demandant : "Mais d'où viennent tous ces jeunes gens ? Qu'est-ce qui se passe ?". Nous sommes à des années lumières de personnages comme Michael Myers ou encore Jason Voorhees. Là nous sommes constamment ancrés dans la réalité et ça fait mal, très mal.

Leatherface et son arme de prédilectionA ceux qui ne l'ont toujours pas vu, pas de gore contrairement à ce que l'on pourrait croire au premier abord et ni d'érotisme, Massacre à la Tronçonneuse est un film qui ne s'éternise jamais sur du gore grand guignolesque par exemple mais préfère rester un film coup de poing avec des scènes chocs rapides et c'est le spectateur qui comme un puzzle met les pièces manquantes en place dans son esprit. D'où pour la majorité de ces mêmes spectateurs la certitude d'avoir assistés à certaines choses complètement absentes du film ! Et ça, c'est dû au talent de Tobe Hooper et à un excellent montage. Surtout qu'ici et c'est très important, Tobe Hooper n'a pas été sous pression et il a bénéficié du final cut !

Une découpe qui ne va pas faire plaisir à l'ainé des frèresPour terminer car il le faut bien malgré tout, impossible de passer sous silence ce qui a mis un temps considérable à être admis par beaucoup : l'humour du film. Alors évidemment, ici on parle d'humour noir et d'ironie mais il n'empêche... et c'est justement ce parfait dosage qui rend ces trois frères si... "humains". Comment ne pas jubiler par exemple à la découverte par Jim Siedow de la porte de la maison détruite par Leatherface ? Pour la suite sortie en 1986 (et aussi chroniquée sur le blog ici), Tobe Hooper s'est justement complètement lâché sur cet aspect. On ne le dira jamais assez, Massacre à la Tronçonneuse premier du nom délivre de l'horreur viscérale pure. Il y a eu un avant et un après Massacre à la Tronçonneuse et ça, c'est la signature d'un grand film mille fois copié mais jamais égalé.

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